Le NutriScore est devenu en quelques années l’indicateur privilégié pour évaluer la qualité nutritionnelle des aliments. Bien que très utile et simple d'utilisation, ce dernier a nombreuses failles. Entre un algorithme perfectible et des possibilités de manipulation par les industriels, les contradictions se font sentir au quotidien. Cet article se penche sur ces défauts, illustre ses limites par des exemples concrets et explique pourquoi ce système ne répond pas toujours aux besoins, notamment dans le domaine de la nutrition sportive.
Un algorithme aux fondations controversées
Le NutriScore repose sur un calcul basé sur différents critères nutritionnels : calories, sucres, acides gras saturés, fibres, protéines, et autres éléments « positifs » ou « négatifs ». Ce système attribue une note allant de A à E en fonction d’un score global. Toutefois, la méthode de pondération reste vague et laisse place à des ajustements peu transparents, rendant parfois le résultat difficile à interpréter pour le consommateur.
Bien que l’objectif soit de simplifier l’information nutritionnelle, l’algorithme ne tient pas toujours compte de la qualité globale de certains aliments, ni des besoins spécifiques d’utilisateurs particuliers, comme les sportifs.
Les failles de l’algorithme et les dérives industrielles
L’un des reproches majeurs adressés au NutriScore réside dans sa facilité de contournement. Les industriels peuvent, par des ajustements mineurs dans la formulation, obtenir une note favorable, même si le produit semble moins sain par ailleurs. En effet, le calcul ne pénalise pas suffisamment certaines manipulations telles que l’allégement artificiel ou la réduction de sucres ajoutés de façon trompeuse, laissant ainsi le champ libre à la dérive commerciale.
Par exemple, certains produits transformés bénéficient d’une note A ou B, non pas en raison d’un réel apport nutritionnel adapté, mais parce que leur formule a été optimisée pour tromper l’algorithme.
Prenons l’exemple du Coca Zero qui se voit attribuer un NutriScore B malgré l’absence de nutriments bénéfiques. À l’inverse, des aliments traditionnellement considérés comme sains, comme l’huile d’olive, peuvent se voir attribuer une note D. Cette contradiction éclaire le fait que la notation n’intègre pas toujours tous les critères essentiels à une alimentation équilibrée, et peut ainsi induire en erreur le consommateur.

Changements récents et enjeux pour les industriels
Depuis fin 2023, des modifications ont été apportées au système de notation, impactant directement les stratégies marketing des industriels. Certains d’entre eux envisagent d'ailleurs de retirer le pictogramme NutriScore de leurs emballages lorsque la nouvelle classification ne leur est plus favorable. Ainsi, des produits auparavant classées NutriScore A en raison d’un profil nutritionnel optimisé pour le marketing, risquent d’être reclassés avec une note moins avantageuse.
Les limites du NutriScore en nutrition sportive
Au-delà des dérives industrielles, l’un des points faibles du NutriScore réside dans son manque d’adaptation pour la nutrition sportive. Les besoins des sportifs diffèrent grandement de ceux du consommateur moyen : ils nécessitent des apports caloriques plus élevés et une utilisation précise des macronutriments pour optimiser la performance et la récupération.
Ainsi, des aliments riches en calories qui fournissent de l’énergie et facilitent la récupération musculaire peuvent être mal notés. Cette discordance peut mener à une sous-estimation de l’intérêt nutritionnel de produits essentiels pour un sportif, créant un déséquilibre dans la compréhension des besoins spécifiques au sport.
Conclusion
Le NutriScore, malgré ses bonnes intentions de simplifier l’information nutritionnelle, présente plusieurs défauts de fond. Entre un algorithme perfectible, des manipulations industrielles et une inadéquation avec les exigences de la nutrition sportive, il apparaît essentiel de nuancer son utilisation. Pour les consommateurs, et particulièrement pour ceux engagés dans une démarche de performance sportive, il est indispensable de regarder au-delà de la simple note et d’examiner en détail la composition nutritionnelle des aliments.
En définitive, la transparence et l’évolution des critères de notation devront être renforcées pour offrir une véritable information nutritionnelle fiable et pertinente. La vigilance reste alors de mise pour ne pas se laisser tromper par une façade qui, trop souvent, cache une réalité bien plus complexe.
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